UNE VISITE RECENTE D’UN CHERCHEUR DE KMCC AU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE A PARIS

Lors des identifications des échantillons d’herbier au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) à Paris en Octobre 2014, Dr Rakotonasolo Franck à noté la présence d’une soixantaine de nouvelles espèces de Rubiacées appartenant aux genres Hyperacanthus (41), Catunaregam (2), Phyllopentas (2), Psydrax (3), Carphalea (2), Craterispermum (6) et Chapeliera (7). Ces espèces seront publiées ultérieurement. La figure 1 montre les photos de quelques nouvelles espèces de la famille de Rubiacées.

Comme plus de 3000 spécimens restent encore non identifiés dans l’herbarium de MNHN, les efforts fournis au cours de cette visite ont permis d’en identifier correctement plus de 400 de collections de Rubiaceae.

Photos de quelques espèces  de Rubiaceae,  (A, B, C, D) :Hyperacanthus sp. (E)  Craterispermum sp. (F)  Psydrax sp
Photos de quelques espèces de Rubiaceae, (A, B, C, D) :Hyperacanthus sp. (E) Craterispermum sp. (F) Psydrax sp

Cette visite au MNHN entre dans le cadre des recherches sur les Rubiacées malgaches (Rubiacées, famille de caféier) dans l’herbier de Paris (P). . Ce dernier est un endroit incontournable si l’on veut faire des études sur la flore malgache vu le nombre d’échantillons collectés à Madagascar qui y sont conservés. En effet, comme les autres institutions (BR, G, K, MO…) KMCC contribue également dans l’enrichissement des échantillons au MNHN.

Nous tenons a remercier le Muséum National d’Histoire Naturelle qui a financé cette visite.

Abréviations : MO (Missouri Botanic Garden), K (Royal Botanical Gardens, Kew), G (Jardin Botanique de Genève), BR (Jardin Botanique Nationale de Belgique, Meise).

Rakotonasolo F.

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Les recherches sur les aloès de Madagascar au sein de KMCC

Madagascar est l’un des pays les plus importants dans le monde après l’Afrique du Sud en termes de diversité des aloès. Les 163 taxa, appartenant à 128 espèces, reconnus actuellement sont tous endémiques et représentent en effet le quart de la totalité des aloès recensés dans le monde. Le genre est très prisé par les collectionneurs car il représente à Madagascar 5% de la totalité des exportations des plantes succulentes. À Madagascar, l’étude du genre s’avère encore très difficile à cause de la rareté des matériels d’herbier localement : 95 taxa ne sont représentés que par un seul échantillon et 20 espèces n’ont pas été recueillies au cours des quatre dernières décennies. Il est donc nécessaire de fournir plus d’efforts dans la localisation de ces taxa en milieu naturel afin de se documenter sur l’état actuel de leur population. En outre, les spécimens type de la plupart des espèces nouvellement décrites se trouvent dans les herbiers étrangers.

Les aloès malgaches ont presque toutes une distribution très restreinte et ont souvent une population de petite taille Ces facteurs leur rendent plus vulnérable aux pressions anthropiques telles que les feux de brousse et les collectes illégales de plantes sauvages à des fins commerciales. Sur les 21 aloès listés dans l’Annexe I de la convention CITES, 17 sont malgaches. Dans la liste rouge de l’UICN, seulement deux espèces malgaches ont été pour l’instant évaluées : A. helenae et A. suzannae

Les recherches menées par KMCC sur ce genre sont axées principalement dans sa conservation, notamment dans la mise à jour des espèces de la liste rouge. Une évaluation préliminaire du statut de conservation de tous les taxa malgaches sera publiée d’ici peu et l’évaluation complète sera faite après la publication de cette liste.

Aloe ibitiensis  sur un rocher du massif d'Itremo
Aloe ibitiensis sur un rocher du massif d’Itremo

Rakotoarisoa S.E.

Presence probable du palmier Tahina spectabilis dans le Parc National de Sahamalaza

par Solofo Eric Rakotoarisoa

Depuis quelques mois, une rumeur sur la présence du palmier rare Tahina spectabilis dans le parc national de Sahamalaza (Nord-Ouest de Madagascar) a émergé et, par conséquent,  a beaucoup intrigué les chercheurs de KMCC. Ainsi, l’équipe de Millenium Seed Bank Partnership profitera de sa destination dans la région d’Analalava et Antsohihy en ce mois de Novembre 2015 pour vérifier cette occurrence. La confirmation de ce site est importante vu que ce sera seulement la deuxième localité connue pour cette espèce.

Pour rappel, Tahina spectabilis a été découverte en 2006 dans une péninsule au sud de la ville d’Analalava (Region de Sofia, Nord-Ouest de Madagascar). Le palmier, endémique restreint, n’a été vu ailleurs malgré des recherches intensives effectuées aux alentours de site connu actuellement.

Tahina spectabilis, dans sa localité type au sud d'Analalava
Tahina spectabilis, dans sa localité type au sud d’Analalava

Structure de la gestion de la Nouvelle Aire Protégée du Massif d’Itremo

par Tiana Randriamboavonjy

Avec une superficie de 24.788 ha, la Nouvelle Aire Protégée (NAP) du Massif d’Itremo est classée comme « Paysage terrestre protégé (catégorie V)» selon les types d’aires protégées de l’IUCN, (2012). Depuis 2011, cette NAP est cogérée par Kew Madagascar Conservation Centre (KMCC) et le « Itremo Massif Protected Area Conservation Team (IMPACT) », un comité constitué de 24 membres issus des communautés de base des huit villages autour de la NAP du Massif d’Itremo. La cogestion implique la participation des différentes parties prenantes dans la mise en œuvre du programme de gestion suggéré dans le plan d’aménagement et de gestion de l’aire protégée.

Photo de groupe de l’IMPACT après la visite de l’arboretum de Ranomafana Fianarantsoa

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Confirmation de la présence de Genlisea margaretae Hutch. (Lentibulariaceae) dans la NAP du Massif d’Itremo

L’inventaire effectué récemment par l’équipe de KMCC dans la NAP du Massif d’Itremo a permis de confirmer la présence de la plante carnivore Genlisea margaretae dans la région. Cette espèce a été vue dans le massif d’Itremo pour la première fois en 1993 mais disparu depuis à cause des feux de brousse répétitifs qui ont détruit l’habitat connu. Cette nouvelle localité se trouve à l’intérieur même de l’aire protégée, à peu près 13 km au nord-est du site découvert en 1993.

Genlisea margaretae est une petite plante carnivore terrestre dont les feuilles sont disposées en rosette basale de 0,3–3,5 cm d’envergure. En plus de ces feuilles spatulées, adaptées à la photosynthèse, cette herbe vivace possède également  des feuilles souterraines modifiées en filaments blancs, connues sous le nom de rhizophylles. Celles-ci piègent et capturent les microorganismes.

Genlisea margaretae à l'etat vegetatif
Genlisea margaretae à l’etat vegetatif
inflorescence de G.margaretae
inflorescence de G.margaretae

L’aire de distribution globale de G. margaretae comprend le sud-est de l’Afrique : en Tanzanie, Zambie et à Madagascar. L’espèce a été décrite pour la première fois par Hutchinson en 1946. A Madagascar, elle a été découverte dans la région d’Arivonimamo par Bosser en 1958 et a été décrite sous le nom de Genlisea recurva. En 2000, Ficher et al. ont démontré que l’espèce malgache est identique à celles de Tanzanie et de Zambie et l’ont alors regroupé sous le même nom G. margaretae. A Madagascar, l’espèce a été connue pendant longtemps que d’une seule localité confirmée, sur l’Inselberg de Lohavohitra à Andranovelona (route d’Ankazobe). Son occurrence dans sa localité type (Arivonimamo) nécessite une nouvelle exploration pour affirmer ou non sa présence ou non dans la région.

L’habitat de G. margaretae consiste en marécages sur des rochers suintants. Ce sont des biotopes toujours humides et essentiellement caractérisés par des sols minces (< 10 cm ), et par un pH acide. Dans tous les sites connus, l’espèce vit dans des formations  plus ou moins fragiles du point de vue conservation car elles sont toutes menacées par diverses pressions comme les feux, les pâturages et surtout les exploitations minières.

Cette espèce rare présente un caractère génétique remarquable par rapport aux autres plantes à fleurs. Elle possède le plus petit nombre de génome d’Angiosperme connu de nos jours, seulement 63 millions de paires de base (Greilhuber et al., 2006).

Antanimena, NAP Itremo
Antanimena, site de G. margaretae dans la NAP du massif d’Itremo
 
Rabarijaona R.N.
Références bibliographiques
Bosser J., 1958. Sur deux nouvelles Lentibulariacées de Madagascar. Naturaliste Malgache. 10 : 21–23.
Fischer E., Porembski S., & Barthlott W., 2000. Revision of the genus Genlisea (Lentibulariaceae) in Africa and Madagascar with notes on ecology and phytogeography. Nordic Journal of Botany. 20 : 291–318.
Greilhuber J., Borsch T., Müller K. F., Worberg A., Porembski S. & Barthlott W., 2006. Smallest Angiosperm genomes found in Lentibulariaceae, with chromosomes of bacterial size. Plant Biology (Stuttgart). 8 : 770–777.
Hutchinson J.A., 1946. An introduction to the botany of tropical crops. A Botanist in Southern Africa. Journal of Ecology. 15 : 528–529.