Redécouverte de Dioscorea analalavensis une espèce endémique longtemps oubliée

par Fenonirina Rakotoarison, Geodain Huckel Meva, et Dr. Mamy Tiana Rajaonah

Le nord de Madagascar est riche en espèce d’ignames sauvages. Pourtant, certaines espèces de Dioscorea n’ont pas encore des données botaniques et écologiques suffisantes afin de pouvoir optimiser leur conservation alors que les menaces qui pèsent sur elles ne cessent d’’augmenter. C’est le cas de Dioscorea analalavensis, une espèce endémique rencontrée dans la région d’Analalava-Antsohihy. La seule collecte des spécimens d’herbier et la dernière description de cette espèce datent de 1909 par Perrier de la Bathie. Suite au financement de Darwin initiative, Kew Madagascar Conservation Centre a réalisé une descente dans cette zone afin de vérifier sa présence et de collecter plus d’informations relatives à cette espèce.

Une enquête concernant cette espèce a été menée auprès de la communauté locale (pêcheurs) et apparemment elle l’a confondue avec le Dioscorea bemandry. Néanmoins, la communauté utilise ses tubercules comme nourriture surtout pendant la période de soudure

Tubercule de Dioscorea analalavensis

L’espèce a été rencontrée dans trois localités dont deux près du Baie de Le Loza-Analalava (Ankazomahitsy et Ampandrakôfa) et l’autre à Androhibe (35 km d’Antsohihy). Les habitats dans lesquels l’espèce se trouve sont des forêts subhumides peu dégradées sur sols limoneux. Les populations observées sont peu abondantes avec une trentaine d’individus dont seuls deux pieds femelles sont fructifères. La révision systématique de D. analalavensis est en cours mais apparemment cette espèce se ressemble beaucoup à D. soso et D. bemandry.

Pied femelle et mâle de Dioscorea analalavensis

D’après ces nouvelles informations D. analalavensis est menacée d’extinction vue sa distribution très restreinte, l’état et le nombre de ses populations ainsi que la pression, d’origine anthropique, sur ses habitats (feu et collectes illicites entrainant la fragmentation des forêts). Ainsi, l’évaluation de son statut UICN et des mesures de conservation s’avère être nécessaire pour la pérennité de l’espèce.

Habitats de Dioscorea analalavensis
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s