Exploration de Dioscorea bako à Beanka

par Mamy Tiana Rajaonah,  David Rabehevitra , Franck Rakotonasolo , Guy Eric Onjalalaina , Romer Rabarijaona , Landy Rajaovelona , Jacqueline Razanatsoa, Roger Rajaonarison , et Ranaivomanana Andrianantenaina Tatamo

Madagascar possède une quarantaine d’espèces d’ignames, appartenant au genre Dioscorea dont la grande majorité est comestible et utilisée comme substitut alimentaire par la population malgache pendant la période de soudure. De ce fait, face au problème de la disponibilité de nourriture combiné avec la croissance démographique à Madagascar, l’exploitation des produits alimentaires forestiers comme celle des tubercules d’ignames s’intensifie de jour en jour et mettant une pression sur leur existence à l’état naturel. En effet, au moins une douzaine d’espèces d’ignames a un statut menacé d’extinction suivant les critères de l’IUCN et Dioscorea bako en fait partie avec un statut de conservation en danger critique d’extinction (CR). Cette espèce est parmi les ignames les plus appréciées par la population malgache et son exploitation irrationnelle a rendu cette plante très rare.

Pieds mâle et femelle de Dioscorea bako

La distribution géographique de Dioscorea bako a été connue uniquement dans la région du Menabe notamment aux alentours de Morondava mais dernièrement, suite à une échange d’informations entre chercheurs, une igname appelée localement « bako » a été signalée à Beanka mais l’identification de l’espèce n’était pas encore sûr. Ainsi, grâce au projet igname financé par Darwin initiative, une grande équipe de chercheurs de Kew Madagascar Conservation Centre (KMCC) et du Parc Botanic et Zoologique de Tsimbazaza (PBZT) a fait une exploration de cette espèce dans la région de Beanka en janvier 2017 afin d’avoir plus de d’informations et de données pour la révision de son statut IUCN et pour sa conservation.

Forêt de Beanka

Deux localités à Beanka ont été vues pour la distribution de l’espèce. Ces localités se trouvent sur un sol calcaire (tsingy) qui protège l’espèce contre l’exploitation de ses tubercules car ces derniers y sont très difficiles à enlever. Cette espèce y présente, en effet, une population considérable avec des individus matures abondants et un taux de germination élevé. Quelques tubercules de cette espèce ont été collectés pour enrichir la collection vivante des ignames au PBZT et du Département de Biologie et Ecologie Végétales (DBEV) de l’Université d’Antananarivo.

Tubercule de Dioscorea bako en germination

Suite à cette expédition, des données relatives à cette espèce sont disponibles pour la révision de son statut IUCN et pour la prise de décision sur sa conservation. Nous remercions ici BCM, en particulier, pour son aide et ses collaborations et il en est de même pour tous ceux qui ont contribué à cette expédition.

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