Lutte contre l’invasion des pins Pinus khasya dans l’Aire Protégée du Massif d’Itremo

par Fetra Randriatsara, Herson Andrianirina et José Rafanomezantsoa

Les forêts des hautes terres malgaches constituent l’un des écosystèmes importants à Madagascar. Avec la présence de plusieurs espèces endémiques, les forêts naturelles d’Itremo sont parmi les rares exceptionnelles richesses. Cependant, sous l’influence des activités anthropiques, entre autres l’exploitation minière, le feu de brousse, la coupe irrationnelle des bois, l’intégrité de ces écosystèmes est fortement perturbée et les ressources naturelles sont en train de périr. Outre ces différentes menaces, la prolifération de l’espèce envahissante Pinus khasya constitue une des principales causes de la dégradation des forêts de tapia et les forêts galléries de l’Aire Protégée d’ Itremo. La présence de cette espèce exotique et anémochore, qui se reproduit et s’éparpille très rapidement par le vent, empêche le développement des espèces endémiques et autochtones comme Uapaca bojeri, Sarcolaena obongifloia, Leptolaena bojeriana…voire même le déclin en nombre de ces dernières.

Forêts naturelles dominées par des pins
Forêts naturelles dominées par des pins

Grace aux financements de la Fondation des Aires Protégées et de la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), des programmes d’abattage et de déracinement de pins ont été effectués afin d’éradiquer cette espèce envahissante. L’équipe du KMCC ont exécutée des descentes successives avec quelques représentants des communautés locales,  près des forêts d’Antsirakambiaty, la partie Est de l’AP.

Communauté locale engagée dans les activités d’éradication
Communauté locale engagée dans les activités d’éradication

Cette activité constitue une régénératrice de revenue complémentaire pour les communautés locales vivant aux alentours de l’AP par le biais d’un salaire journalier. Les hommes, avec leur hache, coupaient les grands arbres plus de 5m de diamètre et  plus de 2m de hauteur.  Certains d’autres utilisaient de machettes pour les arbres les plus petits. Les femmes ont aussi participé en arrachant les jeunes plantules se trouvant autour des grands arbres.

Communauté locale engagée dans les activités d’éradication (suite)
Communauté locale engagée dans les activités d’éradication (suite)

Pour éviter le risque de dommage, les arbres poussant tout près de la forêt ou d’une autre espèce n’étaient pas abattus mais écorcés. L’écorçage consiste à enlever l’écorce du tronc sur une longueur de 50 cm à un mètre au-dessus du sol. L’arbre écorcé sera mort après quelques mois ou année suivant la grandeur du diamètre. Pendant une mission de quatre jours, environs 2 000 pieds de pins ont été coupé, 500 pieds écorcés sur une surface totale de 4 Ha avec les zones où on y a arrachées les jeunes plantules. La surface occupée par cette espèce exotique est  estimée à 100 Ha environ à l’intérieur de l’AP. La continuation de l’éradication s’avère donc nécessaire afin d’éviter les dégâts causés par cette espèce due à sa prolifération dans toutes les parties de l’aire protégées. Une fois abattus, les arbres seront transportés auprès des villages pour compléter les besoins des communautés en bois de chauffe et de construction.

Population de pins éradiquée
Population de pins éradiquée
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s