Confirmation de la présence de Genlisea margaretae Hutch. (Lentibulariaceae) dans la NAP du Massif d’Itremo

L’inventaire effectué récemment par l’équipe de KMCC dans la NAP du Massif d’Itremo a permis de confirmer la présence de la plante carnivore Genlisea margaretae dans la région. Cette espèce a été vue dans le massif d’Itremo pour la première fois en 1993 mais disparu depuis à cause des feux de brousse répétitifs qui ont détruit l’habitat connu. Cette nouvelle localité se trouve à l’intérieur même de l’aire protégée, à peu près 13 km au nord-est du site découvert en 1993.

Genlisea margaretae est une petite plante carnivore terrestre dont les feuilles sont disposées en rosette basale de 0,3–3,5 cm d’envergure. En plus de ces feuilles spatulées, adaptées à la photosynthèse, cette herbe vivace possède également  des feuilles souterraines modifiées en filaments blancs, connues sous le nom de rhizophylles. Celles-ci piègent et capturent les microorganismes.

Genlisea margaretae à l'etat vegetatif
Genlisea margaretae à l’etat vegetatif
inflorescence de G.margaretae
inflorescence de G.margaretae

L’aire de distribution globale de G. margaretae comprend le sud-est de l’Afrique : en Tanzanie, Zambie et à Madagascar. L’espèce a été décrite pour la première fois par Hutchinson en 1946. A Madagascar, elle a été découverte dans la région d’Arivonimamo par Bosser en 1958 et a été décrite sous le nom de Genlisea recurva. En 2000, Ficher et al. ont démontré que l’espèce malgache est identique à celles de Tanzanie et de Zambie et l’ont alors regroupé sous le même nom G. margaretae. A Madagascar, l’espèce a été connue pendant longtemps que d’une seule localité confirmée, sur l’Inselberg de Lohavohitra à Andranovelona (route d’Ankazobe). Son occurrence dans sa localité type (Arivonimamo) nécessite une nouvelle exploration pour affirmer ou non sa présence ou non dans la région.

L’habitat de G. margaretae consiste en marécages sur des rochers suintants. Ce sont des biotopes toujours humides et essentiellement caractérisés par des sols minces (< 10 cm ), et par un pH acide. Dans tous les sites connus, l’espèce vit dans des formations  plus ou moins fragiles du point de vue conservation car elles sont toutes menacées par diverses pressions comme les feux, les pâturages et surtout les exploitations minières.

Cette espèce rare présente un caractère génétique remarquable par rapport aux autres plantes à fleurs. Elle possède le plus petit nombre de génome d’Angiosperme connu de nos jours, seulement 63 millions de paires de base (Greilhuber et al., 2006).

Antanimena, NAP Itremo
Antanimena, site de G. margaretae dans la NAP du massif d’Itremo
 
Rabarijaona R.N.
Références bibliographiques
Bosser J., 1958. Sur deux nouvelles Lentibulariacées de Madagascar. Naturaliste Malgache. 10 : 21–23.
Fischer E., Porembski S., & Barthlott W., 2000. Revision of the genus Genlisea (Lentibulariaceae) in Africa and Madagascar with notes on ecology and phytogeography. Nordic Journal of Botany. 20 : 291–318.
Greilhuber J., Borsch T., Müller K. F., Worberg A., Porembski S. & Barthlott W., 2006. Smallest Angiosperm genomes found in Lentibulariaceae, with chromosomes of bacterial size. Plant Biology (Stuttgart). 8 : 770–777.
Hutchinson J.A., 1946. An introduction to the botany of tropical crops. A Botanist in Southern Africa. Journal of Ecology. 15 : 528–529.
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